Le CERN doit renoncer à son mégaprojet d’accélérateurs
Rapport de Noé21
Version 2 février 2025
La consommation énergétique du futur collisionneur que le CERN ambitionne de construire inquiète.
Cette construction pharaonique anéantirait les efforts entrepris pour réduire la facture suisse d’électricité.
Communiqué de presse du 25.02.25

Le document ci-dessous, rédigé par un groupe de travail de CO-CERNés Suisse, apporte quelques compléments pour mieux comprendre ce que fait le CERN, ce qu’il veut faire avec le FCC, quelles sont les critiques provenant des physiciens eux-mêmes, et pourquoi la manière de faire de la science au CERN est peu compatible avec une vision démocratique.
Tribune
400 scientifiques se prononcent contre la réalisation du FCC
Soirée publique du 15.02.25
Citations issues de la conférence:
- En même temps que le GIEC publiait ses rapports avertissant que les pays du Nord ne doivent pas ajouter de la consommation mais en soustraire, le CERN prenait cette décision du FCC.
- Le volume des déblais est le plus grand problème auquel le CERN va faire face. 8,3 M de m3 de déblais.
- Nos droits sont confisqués par la confédération, pour un projet prévu sur un territoire où les habitants n’ont pas de marge de manœuvre.
Jean-Bernard Billeter, Noé21 - La question n’est pas science et pas science, mais quel déploiement dans les années à venir, avec quel impact sur la nature, sur nos priorités et sur la démocratie. Les verts se basent bien plus que d’autres comme relais de la science et le GIEC en fait partie, n’opposons pas la science à la nature.
- A Berne nous avons voté une loi enlevant les droits de recours genevois, le FCC n’y est nommé nulle part. Le projet ne semble pas concerné, alors qu’il l’est. C’est un grave problème de transparence.
- Guy Parmelin n’avait pas l’air très à l’aise avec ce projet quand la loi a été votée.
- Reste le recours au TF, mais face au Plan sectoriel de la Confédération ; il y a une pesée des intérêts qui n’ira pas en notre faveur.
Delphine Klopfenstein Broggini, Conseillère nationale - Cette région de la Seymaz est un site d’importance nationale. Les travaux de renaturation ont duré 20 ans et sont un succès. Pro Natura vient faire des inventaires.
- J’aurai 80 ans quand le projet sera fini parallèlement la région aura pris 6 à 8° de plus, est-ce que c’est pertinent aujourd’hui de planifier un tel projet ?
- Je crains qu’on perde confiance dans les institutions si on avance vers un grand projet sans réelle discussion démocratique.
Sara Gnoni, SeymazVie - Le CERN n’est pas du tout transparent, CO-CERNés a dû aller au tribunal pour obtenir les documents sur les forages.
- L’acceptabilité sociale n’est pas là, est-ce qu’on peut espérer que le CERN renonce à son projet ?
- Il y a un problème d’information. C’est nous l’association locale, qui avons dû faire un document et le distribuer dans la commune. Il y a un effet retard, un engrenage des décisions.
Elisabeth Charmot, CO-CERNés France - Comment on en arrive à un tel hold-up démocratique ?
Question de la salle - Personne ne dit qu’il y a zéro risque ou zéro impact
- Aujourd’hui, l’Europe est sous pression des États Unis, de la Chine, c’est aussi une question politique oui il y a des impacts mais il y a aussi la collaboration européenne.
- Si les Chinois avancent, personne ne pense qu’il y aura deux projets de ce type
Arnaud Marsollier, porte-parole du CERN - Minzier, Choulex, nous sommes un seul et même territoire qui sera également impacté. Peu de gens s’y intéressent à cause de la longue temporalité. Mais il y a urgence, les décisions sont imminentes. L’ampleur du projet m’a tout de suite interpellé. J’ai contacté Noé21, je n’avais pas compris tous les impacts. Aujourd’hui on est une vingtaine de maires actifs sur le sujet, j’invite les élus suisses à se mobiliser.
- Il y a un impact peu discuté, c’est le logement de milliers d’ouvriers pendant une dizaine d’années sur un territoire qui a une croissance démocratique déjà impressionnante. Et il y a un souci hydrologique pour alimenter les besoins en eau. Les paysans seront impactés, on a un risque alimentaire on a besoin de nourrir les populations et là on perdrait des terres agricoles.
- On essaie d’aménager au mieux le plan d’affectation des sols et on est élus pour ça. On veut préserver l’agriculture et ne plus compartimenter les sols. Ce projet délégitime la vie des citoyens et des élus. C’est grave, le choix doit revenir aux gens du territoire.
Jérémie Courlet, Maire de Minzier - Nous sommes à la veille de l’acceptation du Plan directeur cantonal et le CERN n’est pas mentionné. Nous, député-es mobilisé-es sur le sujet, nous sommes très isolé-es au Grand Conseil.
- Les déblais se mettent dans les creux et c’est là que sont les zones humides. Ces zones sont menacées par les déblais à venir.
- C’est deux poids deux mesures, interdiction stricte de prendre du terrain agricole même appliquée aux agriculteurs, mais pour le CERN, passe-droit ?
- Entre la protection de la planète et la découverte du cousin du Boson de Higgs, je choisis la protection de la planète.
- Le CERN ne s’arrête pas il travaille et nous en sommes fiers. Mais regardons l’échelle du temps. Le big bang est devant nous si on ne se préoccupe pas des 10 et 20 prochaines années. Est-ce que le boson de Higgs ne peut pas attendre quelques années ?
Christina Meissner, Députée - L’élaboration d’un plan sectoriel centré sur les développements du CERN, permettrait d’ancrer cette stratégie au niveau fédéral, de faciliter la coordination et serait en outre de nature à diminuer les procédures de recours.
Extrait de la lettre du Conseil d’État au Conseil fédéral 12.2020 - Je viens pour m’informer. La commune n’a reçu aucune information officielle. C’est pourquoi je suis ici. C’est l’association Bien Vivre à Puplinge qui m’a informé il y a plusieurs mois. J’ai demandé au CERN de nous faire une présentation. On nous a dit que c’est les prémisses du projet. Quand il y aura une étude d’impact sur les besoins énergétiques et sur le territoire et les excavations il y aura beaucoup de questions et j’espère des réponses. A défaut de quoi ce sera un projet qui aura été fait dans notre dos.
Maire de Puplinge
Plan sectoriel pour les constructions et
installations du CERN
Extraits de la réponse de Noé21
« Le délai imparti d’un mois pour formuler des remarques et objections concernant un
projet de cette envergure est largement insuffisant. Il est impossible d’analyser le contenu de ce Plan Sectoriel pour un objet de dimensions inédites et d’une complexité extraordinaire et de faire des remarques pertinentes dans un délai aussi court.
L’ordonnance sur l’aménagement du territoire (OAT) stipule dans art.19, al 4 : « la procédure de consultation dure en principe trois mois ».
(page 2)
« Le projet impacterait la région du Grand Genève dans son ensemble de manière grave. Le projet est un ensemble, même si les émergences à la surface sont éloignées les uns des autres. Il nécessiterait la construction de l’ensemble des émergences et du tunnel. La pertinence du projet doit être examiné dans son ensemble et ne peut pas être morcelée.
Pour cette raison la coordination avec la France est indispensable. Il est inadmissible de traiter une émergence après l’autre. Elles sont reliées par le tunnel, et l’ouvrage est
fonctionnel seulement si l’ensemble des émergences est réalisé. »
(page 3)
« Dans sa forme actuelle, le Plan Sectoriel est inacceptable. Il ne permet pas de faire la pesée des intérêts entre la finalité du projet et de son impact environnementale, énergétique, climatique et sociétale. » (page5)

LERI
Modification de la loi fédérale sur l’encouragement de la recherche et de l’innovation LERI (loi concernant le FCC du CERN)